Il
n'y a pas que les pyramides
La
pyramide inversée s'est imposée comme le modèle
par excellence du plan d'un article journalistique. Dans
ce type de plan, il s'agit de situer les informations les
plus importantes de l'article au tout début de celui-ci.
Rien n'interdit pourtant de faire autrement.
L'écrivain
Roy Clark estime qu'il existe une structure hybride
qui permet de se servir de la pyramide inversée,
mais seulement au tout début de son article. Ensuite,
dès le deuxième ou le troisième paragraphe,
on " casse " la pyramide. L'histoire (re)commence
dès lors par : " tout a commencé quand
".
Cette
rupture permet de relancer l'histoire et de l'achever là
où on l'a débuté, dans une sorte de
chute en boucle.
Un
autre plan peut également être la conséquence
d'une couverture au plus près d'un évènement.
En suivant par exemple un homme politique lors d'une journée
de campagne électorale, on peut se résoudre
à effectuer un récit qui en relate les moments
forts, dans un ordre qui ne soit pas chronologique. Ceci
requiert un accès privilégié qui bien
entendu se négocie au préalable. Dans cette
situation, on devra peut-être accepter de faire relire
son article par l'homme politique concerné.
Il
y a enfin une possibilité peu utiliser dans les medias
qui consiste à donner la parole à celui
qui a vécu l'évènement qu'on veut
raconter. Il s'agit de recueillir le propos de la personne,
de les mettre en forme à la première personne,
comme si c'est elle qui parle. L'effet est souvent des meilleurs.
Alors
jeune journaliste en Colombie, l'écrivain prix Nobel
de littérature Gabriel Garcia Marquez avait ainsi
recueilli le récit extraordinaire d'un marin ayant
survécu à un retentissant accident en haute
mer. Bien que l'histoire fut en grande partie déjà
connue à l'époque, le récit réalisé
par Garcia Marquez assura à l'épopée
du marin une audience qui a largement dépassé
les frontières de la Colombie.
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